Quand l’instant est venu

Quand l’instant est venu

Quand l’instant est venu…

Ce week end, je suis allée faire du bénévolat au salon « Philothérapies Bien Être«  organisé à Bayonne par l’association TUM. Pendant deux jours, j’ai tenu le bar extérieur. Et j’ai fait des rencontres aussi passionnantes que fabuleuses en servant des tisanes et des cafés ! Dans cet article et même si je suis en train d’en écrire un, beaucoup plus vaste, je souhaite vous partager l’une de ces rencontres.

Depuis environ deux ans, et même si les premiers « symptômes«  sont très très antérieurs encore à cela, j’ai des expériences fortes et de plus en plus rapprochées avec mes vies antérieures, ainsi que des changement de lignes de temps (effet Mandela).

Si je raconte cette expérience c’est pour mettre en évidence, l’interdépendances, non seulement de toutes nos vies, mais aussi de tout ce qui est. Tout ce que nous voyons comme problème en nous, comme blocage, comme situation parfois incohérente, a sa raison d’être. C’est une pièce de puzzle, dont la vocation est de retrouver sa place. Nous pouvons passer des années à collecter des pièces des informations, eh puis un jour tout prend son sens. Il n’y a rien a faire de spécial pour assembler entre eux ces morceaux, si ce n’est d’Être attentif et Présent dans sa vie. Si ce n’est d’accepter que nous avons décider cela, même si nous l’avons oublié !

A ce salon donc, autour d’un café qui se prolonge, je rencontre et je discute avec Béatrice. Au cours de la conversation elle me glisse, qu’il lui semble intéressant que je me penche sur la langue des oiseaux. Cette idée m’interpelle sur le champ et je lui dis que depuis plusieurs semaines, cette chose là se présente à moi fréquemment et que j’en entends parler sans arrêt. Elle m’invite à regarder mon prénom : Nathalie. Et là je lui dis ce qui me vient sur l’instant : Qu’assez récemment, il y a environ quelques mois (ce qui est assez surprenant vous allez voir pourquoi!) j’ai pris conscience que mes trois fils et moi, partagions le « TH » dans nos prénoms (Nathalie, Mathieu, Thomas et Théo). Je lui précise également, que cette constatation me renvoie à leur daltonisme, en sachant que moi, j’adore la couleur et que je peins. Je lui ajoute aussi, amusée, que je ne vois pas du tout le rapport entre l’un et l’autre ! Mais bon, c’est ce qui me vient… Nous continuons notre conversation sans plus parler de cela.

Le lendemain matin, à savoir aujourd’hui même, lorsque je vois mon fils Théo, que je n’avais pas vu la veille. Je lui raconte cette histoire. En précisant à nouveau : Je ne vois pas le rapport ! Et pourtant, à cette instant même où je lui dis cela, me revient un scène avec Thomas qui remonte à 10 ans plus tôt. C’était le soir, il était couché et il avait de l’ex-éma. Je lui propose de lui faire un soin, pour le soulager avant de s’endormir. Comme à chaque fois que je fais cela, me viennent des images des impressions, vois des scènes. Et là je vois :Thomas se trouve dans une tranchée pendant la guerre 14/18. L’endroit est sordide. Lorsqu’il finit par rentrer de cet enfer, je vois également qu’il se met à dessiner au crayon gris.

J’avais totalement oublié cette histoire, mais je me souviens qu’à cette époque je m’étais dit : « Ah ! Voilà pourquoi Thomas dessine au crayon gris et ne met jamais de couleur. (Thomas dessine effectivement très bien) Voilà pourquoi peut être il est daltonien ! »

Je raconte donc cela à Théo, en lui disant que c’est troublant. Et là je sens une nausée subite qui me monte et j’ajoute pleines d’émotions : « Ah ! Mais, peut être… Oui ! Vous étiez mes fils ! Et Thomas est le seul à être revenu de cette guerre ! Plus jamais il n’a été pareil après cela. Il ne s’aimait plus (ex-éma), il se reprochait votre mort » Ensuite j’ajoute en larmes : « Non ! Ca n’est surement pas ça ! » Et pourtant je vois les images, les tripes à l’air et les membres arrachés qui me donnent la nausée, la boue et la noirceur. Droit comme un I face à moi, Théo me regarde, ses yeux aussi sont remplis de larmes, il se retient et il répond : « Si maman ! Je crois que c’est ça. Je le sens. »

Nous prenons quelques instants plus tard la voiture pour aller jusqu’au lycée. Je me sens très bouleversée par cette histoire, d’autant plus qu’en roulant me revient une anecdote qui remonte à mon adolescence. Je suis en cinquième et pour le passage en quatrième, nous devons choisir notre deuxième langue. Mon père qui voulais que j’aille dans les meilleurs classes exigeait que je prenne l’allemand. A cette époque, j’étais totalement soumise à sa volonté, incapable de lui dire non, pourtant, j’avais réussi à lui imposer l’espagnol. En effet, pour moi, c’était inconcevable d’apprendre l’allemand, même si j’ignorais pourquoi. Sans connaître la langue, j’y étais littér-alement allergique. J’ai donc fait de l’espagnol.

Puis arrivée au lycée, j’ai fait une seconde C, toujours avec mes deux langues. Eh puis, comme je n’avais pas un niveau suffisant en math et en physique, j’ai du redoubler. Et j’ai redoublé exactement à la période d’une réforme. La seconde devenait indifférenciée, générale et on avait alors la possibilité de prendre une troisième langue, même si par la suite on l’abandonnait pour aller en filière scientifique. Mon père évidemment est revenu à la charge avec l’allemand. Et là je n’ai pas su lui résister et j’ai donc suivi pendant un an ces fameux cours d’allemand ! J’ai détesté, j’ai été nulle.

Ensuite je suis allée en S puis en C et je n’ai plus entendu parlé de cette matière. Pourtant, une trace était restée. Une petite phase du livre que j’avais à l’époque. Et cette petite phrase, qui est venu courir dans ma tête régulièrement et depuis toutes ses années jusqu’à aujourd’hui, sans que jamais je l’oublie, est la suivante : Eine bombe traf sie und tete him ! Je vous laisse faire la traduction…

Ensuite si je creuse encore (comme pour creuser dans ces tranchées où le pire est arrivé) Thomas a très rapidement développé de l’exéma et il en fait toujours, dès que sa peau est agressée. Théo lui aussi a eu fait de l’exéma dès sa petite enfance. Il avait de très fortes poussées chaque fois que Mathieu et Thomas, qui a dix et douze ans avaient décidé de vivre chez leur père, revenaient ou repartaient de chez nous. Aujourd’hui, il semble s’être débarrassé tout seul de ce problème. Il se trouve qu’entre eux deux les traits de caractères partagés sont très nombreux…

Heureusement pour moi ce matin, j’organisais une méditation au son du tambour et du rav drum. Cela m’a permis, de mettre du baume sur cette blessure. Par contre j’ai travaillé toute la journée en animation dans une sorte d’état second et c’est la toute première fois que je me suis sentie aussi fatiguée et vidée.

Ce soir j’ai croisé quelques minutes mon fils Théo, qui a juste eu le temps de me dire, que des sensations, des évidences lui étaient apparues également et qu’elles confirmaient tout ceci.

Je sais que ce genre d’expérience, qui se produit au delà de l’espace temps, est là, pour que la charge émotionnelle, restée en suspend, soit reprise là où elle était, qu’elle soit ressenti, vécue. Ceci afin de libérer les mémoires qui s’y rattachent.

Aujourd’hui, j’ai pleuré mes fils. Non seulement pour dire ma peine, crier ma souffrance, mais aussi pour honorer, ceux de ma famille qui sont morts à la guerre, ceux qui en sont revenus avec des cicatrices, dont ils n’ont su que faire. Aujourd’hui je rend hommage à mes fils et je les remercie infiniment d’avoir permis ces re-liances, ces re-connections, afin de nous libérer de cette charge.

En écrivant cela, il me revient que la méditation que j’ai proposé ce matin, s’est faite avec un cheval ailé, qui s’est naturellement présenté, et qu’il nous a proposé de nous libérer de nos fardeaux, justement !

La boucle est bouclée ! Et tout est parfait.

Quand l’instant est venu, tout s’éclaire…

Merci Béatrice !

Nathalie Cariot

Le 13 novembre 2017

Création Web MG Records